Restrictions de Voyage entre le Canada et l’Amérique Latine

Rapports sur le COVID-19 en Amérique Latine et la Caraïbe: No. 48 (In English)

Il fait déjà un an depuis que le confinement sans précédent pour freiner la propagation du COVID-19 au niveau fédéral a été mis en place au Canada. À ce jour, on compte plus de 900,000 cas confirmés du coronavirus et plus de 20, 000 morts dans tout le pays. La législation fédérale pertinente pour le COVID-19 est la loi sur la mise en quarantaine, LC 2005, c 20. Chaque province et territoire compte aussi avec sa propre législation d’urgence applicable. Avec l’évolution du virus, plusieurs outils ont été développés pour le dépistage et d’autres activités associées, par example, le Coronavirus Tracker et les efforts de vaccination.

Source: Gouvernement du Canada

L’industrie du tourisme a été toute particulièrement frappée à travers cette urgence de santé publique mondiale. Les interdictions de voyager imposées par le gouvernement ont empêché les voyageurs canadiens de rentrer chez eux lors du confinement initial et des millions de canadiens ont été découragés de prendre des vacances dans des destinations populaires. Les politiciens canadiens qui ont risqué de voyager pendant la seconde vague de la pandémie ont été pris à partie.

Après avoir obtenu des exemptions pour les interdictions de voyager, des dizaines de milliers de travailleurs étrangers temporaires venus de l’Amérique Latine et les Caraïbes sont arrivés au Canada pendant la première vague dans le pays. La dure réalité liée à des conditions de vie inacceptables et un taux élevé d’infections parmi les travailleurs étrangers temporaires ont été révélés rapidement. Le gouvernement canadien a lancé une consultation et a investi dans quelques mesures à fin d’améliorer les conditions de vie. Ces hommes et femmes représentent une partie importante de la main d’oeuvre canadienne et ils jouent un rôle clé dans la préservation de la sécurité alimentaire de Canada et le succès de quelques industries importantes dans le pays.

Ce rapport sommaire cherche à mettre en valeur l’impact du COVID-19 dans les voyageurs canadiens et la main d’oeuvre venue de l’Amérique Latine et les Caraïbes qui cherche du travail temporaire au Canada chaque année.

Voyageurs Canadiens en Amérique Latine et les Caraïbes

Lorsque le COVID-19 frappé le monde à la fin du 2019, des canadiens voyagaient encore à des destinations populaires en Amérique Latine et les Caraïbes. Cependant, à la mi-mars 2020, la situation changeait brusquement. Pratiquement tout s’est arrêté le 17 mars lors du confinement annoncé dans toutes les provinces et territoires canadiens.

Les médias commençait à rapporter sur des cas où des bateaux de croisière ont été obligés à rester à la dérive avec des passagers qui présentaient des symptômes pseudo-grippaux. Des histoires sur des canadiens qui avaient voyagé à des pays en Amérique Latine et les Caraïbes et qui demandaient de l’aide à l’état pour pouvoir rentrer ont commencé à être divulgué dans les médias. Parmi les destinations dans la région, il y avait Pérou, Chili, Honduras, Equateur et Panama.

Le gouvernement du Canada a décrété les mesures suivantes qui ont eu un impact sur les canadiens voyageant dans la région:

  • 14 mars 2020: Un avis de voyage pour éviter tout voyage non essentiel à l’extérieur du Canada et tout voyage en bateau de croisière.
  • 16 mars 2020: Tous les non-canadiens et résidents non permanents ont été interdits d’entrée au Canada.
  • 18 mars 2020: La frontière canado-américaine a été fermée aux voyages non essentiels.
  • 21 mars 2020: Le premier ministre, Justin Trudeau a annoncé des nouvelles mesures pour les citoyens canadiens, les résidents permanents canadiens et les membres de la famille immédiates de citoyens canadiens bloqués à l’étranger. Des vols de rapatriement à des prix abordables ont été organisés par le gouvernement depuis différents pays, dont le Pérou.
  • 28 mai 2020: Les bateaux de croisière avec un hébergement de plus de 100 personnes voire plus sont interdits dans les eaux canadiennes jusqu’au 31 octobre 2020.
  • 4 février 2021: L’interdiction des bateaux de croisière est prolongée jusqu’au 28 février 2022.
Source: Gouvernement du Canada

Pendant les mois d’été et les vacances de noël, certains Canadiens ont risqué prendre des vacances dans des destinations dans l’Amérique Latine et les Caraïbes. Les médias sociaux ont joué un rôle essentiel pour dénoncer les représentants du gouvernement qui ont fait des déplacements à l’étranger pendant les vacances de Noël lorsque le Canada luttait contre la deuxième vague de la pandémie. Par exemple, le ministre des Finances de l’Ontario a été destitué du Cabinet pour avoir effectué un voyage de vacances sur l’île antillaise de Saint-Barthélemy lorsque l’information a commencé à être diffusée sur les médias sociaux. Des célébrités comme Drake ont été répérés dans l’île caribéenne de la Barbade lors de sa réouverture aux visiteurs les plus fortunés et aux nomades numériques qui peuvent se permettre les coûts exorbitants des nouveaux visas de travail.

Plus récemment, une nouvelle série de restrictions de voyage a été annoncée le 29 janvier 2021. Ottawa a annoncé que les compagnies aériennes canadiennes acceptaient de suspendre tous les vols en provenance et à destination du Mexique et des Caraïbes jusqu’au 30 avril 2021, invoquant des préoccupations concernant le COVID-19 dans la région. Les familles et les industries touchées par l’interdiction ont critiqué l’arrêt des voyages et soulevé des questions concernant le ciblage de ces pays en particulière. Les gouvernements du Mexique et de la Jamaïque ont exprimé leurs inquiétudes par rapport à l’impact financier de ces mesures sur leurs économies nationales et locales fortement tributaires du tourisme international, en particulier du Canada.

Travailleurs d’Amérique Latine et des Caraïbes au Canada

Source: Gouvernement du Canada

Des nombreux travailleurs étrangers temporaires au Canada proviennent principalement de pays d’Amérique Latine et des Caraïbes. Le 14 avril 2020, une dérogation a été accordée aux restrictions de voyage pour les travailleurs étrangers temporaires, les étrangers avec visas d’étudiant et de travail. Au printemps et à l’été 2020, multiple histoires ont fait surface sur des travailleurs étrangers qui sont tombés malades et certains sont décédés du COVID-19 en raison de leurs conditions de vie et de travail souvent médiocres au Canada. Les travailleurs étrangers peuvent être exemptés de certaines nouvelles règles de test et de mise en quarantaine mises en place par le gouvernement en février 2021.

Les groupes de droit de l’homme et les ONG du pays ont sonné l’alarme sur la façon dont le COVID-19 a mis en évidence la situation précaire des travailleurs migrants dans le pays. Les allégations incluent des mauvais traitements, un manque écrasante de responsabilité et de protection juridique et des installations mal préparées pour accueillir ces travailleurs au milieu d’une pandémie dévastatrice et des restrictions de voyage en constante évolution.

Malgré ces préoccupations, des industries telles que l’agriculture et le secteur du poisson et des fruits de mer ont continué à dépendre des travailleurs étrangers, en particulier venus d’Amérique Latine et des Caraïbes, pour leurs projets futurs dans cette année 2021. La dernière interdiction de voyager entre le Canada et le Mexique/Caraïbes a gravement entaché leurs projets. Dans l’intervalle, les groupes de droits de l’homme font pression pour que les travailleurs étrangers, y compris les sans-papiers, soient inclus dans les efforts de vaccination, alors que les cas continuent d’augmenter partout dans le pays.

Le Canada et ses voisins des Caraïbes et d’Amérique Latine sont étroitement liés. Bien que les voyageurs canadiens aient été découragés de pouvoir profiter de la chaleureuse hospitalité de ses hôtes dans l’Amérique Latine et les Caraïbes, la pandémie a révélé que les hôtes canadiens n’étaient pas aussi accueillants envers ses travailleurs venus des Caraïbes et d’Amérique Latine. L’introduction de vaccins pour empêcher la propagation du virus apportera sans aucun doute des nouvelles mesures dans l’industrie du voyage, de l’hôtellerie et des travailleurs étrangers. Alors que le Canada entame la lente voie de la reprise, il est impératif qu’il mette en œuvre des changements durables par rapport à la façon dont ses travailleurs étrangers sont traités. Le COVID-19 continue d’évoluer avec des politiques et des lois qui ont un impact sur les activités des gens ici au Canada et dans toute le continent des Amériques. Notre projet continuera à suivre de près et à témoigner de tous ces processus.

Par Yemisi Dina, Sooin Kim and Alexia Loumankis

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